26/05/2009

CEMF 12 (la suite)

Les citoyens font la différence entre la communication d'un maire en place et celle d'un candidat à une élection. Ils sont exigeants sur l'information, l'image et le travail de la municipalité pour valoriser les enjeux de leur ville tout au long du mandat mais ils n'ont pas la même exigence en période électorale. Ils deviennent vraiment des citoyens-consommateurs : ils choisissent alors une offre politique, un projet d'avenir et se projettent dans leur futur élu. Ce choix ne repose pas seulement sur un bilan (si bon soit-il) et n'est malheureusement pas toujours positif. En effet, il se fait souvent au détriment de, en opposition à...On souhaite empêcher un candidat d'accéder aux responsabilités ou d'être réélu. Alors, on peut voter pour un adversaire, disperser sa voix, s'en remettre au choix des voisins. C'est typique des élections municipales qui pour moi se rapprochent le plus de l'élection du président de la République, dans leur intensité (locale et globale). J'ai adoré vivre ces moments-là même si, jeune DIRCOM, je fus quelque peu balloté par l'opposition au maire.
- Ah, oui ! Tu m'en avais déjà parlé. La presse t'avait accueilli ; du style : "le petit Mozart" arrive...MDR
C'est tout à fait vrai. J'ai gardé l'article. Le DIRCOM occupe une place à part dans le dispositif du Maire dont il dépend tout en restant un employé de l'administration faisant partie du Comité de direction de la mairie. Il est là pour valoriser la ville mais aussi l'image de son premier citoyen. Il est souvent soupçonné de partialité. Le plus difficile c'est de gérer les relations avec les adjoints qui cherchent à exister durant tout leur mandat et qui souvent travaillent dans l'ombre du premier magistrat de la villle...(encore un nom de plus pour désigner le maire)...
- Tu m'as dit que tu y étais pour un projet précis ?
L'objectif était de mener une large campagne d'information sur les projets d'avenir de la municipalité. Comme aujourd'hui, nous étions en pleine crise économique. Le bassin d'emploi frolait les 17% de chômeurs...Le maire était alors à son troisième mandat et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'avait pas vraiment envie de lacher le manche. J'ai parcouru la ville en tant que consultant, je travaillais pour Jacques S., à l'écoute des associations, des entreprises, des citoyens du centre-ville ou des quartiers. Comment vivaient-ils leur ville ? Quels étaient les rapports qu'ils entretenaient avec la ville, son devenir ? S'y intéressaient-ils vraiment et dans ce cas avaient-ils l'impression de participer à quelque chose de plus, disons, global, qui les concernait eux en tant qu'individus mais aussi leurs proches, leurs enfants, leurs clients...
- Et le rapport avec la com' ?
C'est qu'il n'y a pas de bonne communication sans écoute. J'ai alors synthétisé tout ce que j'avais glané ici ou là ; j'en ai tiré une image initiale. Une ville moyenne de 32 000 habitants, ville "musée", avec ses plus et ses moins. Ses désirs et ses craintes. Ses complexes aussi, à 120 km de Paris. Cette étape s'appelle l'audit de communication. Dans toutes les entreprises où je suis passé j'ai fait de même. Ensuite, j'ai proposé au maire, qui était le client de l'agence, une stratégie de communication.
- Que t'a-t-il dit ?
- Pas grand chose, juste "OK. Mais vous viendrez vous même la mettre en oeuvre".

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21/05/2009

La com' expliquée à mon fils de 12 ans

Papa n'a pas fait une école de commerce...Sois pas déçu. J'ai fait une école de communication. Je crois que c'est l'envie de découvrir et le besoin d'apprendre qui m'ont amené à la communication. Je m'explique : ton métier c'est d'informer la presse ou le public sur l'implantation d'un centre de gestion de déchets radioactifs. La presse souhaite bien entendu en savoir plus sur ce centre, et le public est en droit de se demander ce qui va être installé à côté de lui.
-Bel exemple. Bravo.
Je ne suis pas ingénieur et même si la radioactivité est au programme de Terminale S, je ne connais rien au départ sur cette problématique. C'est un moment de grâce, ce moment où tu te dis, mais "attend, qu'est ce que je vais pouvoir leur raconter ???".
- Tu t'égares.
Et bien, là où je veux en venir, c'est que mon job est de me mettre à l'écoute des techniciens et des scientifiques qui sont impliqués dans cette affaire. Je dois les challenger, les pousser dans leur retranchement, comme le ferait un journaliste ou même un opposant au nucléaire. Je dois apprendre, comprendre, pour mieux expliquer, vendre ou défendre. Et laisser tous mes a-priori au vestiaire. C'est la même chose lorsque j'ai travaillé pour une ville. Tu n'étais même pas né en 1993...
- Au siècle dernier.
Le job, c'est d'aller dans les quartiers, les entreprises, les associations, définir les flux d'information entre les acteurs de la ville, chercher à savoir qui fait l'opinion, comment se forge l'image de la municipalité chez les citoyens du centre-ville ou de la périphérie, écouter leur besoin (décrypter aussi les vrais besoins) puis me servir de cette base, de toutes ces informations pour proposer un plan de communication au maire, le plus juste possible, le plus tactique, le plus performant.
- Comment sais-tu si c'est performant ?
J'ai été performant quand l'image de la ville s'est améliorée et que sa notoriété a augmenté. Quand les citoyens ont pu se prononcer sur leur avenir en commun. Quand on a pu proposer des changements ou des évolutions souhaités par les quartiers.
- Papa ! Ton maire a perdu aux élections !!!
(à suivre)

13/05/2009

Nouvelles pérégrinations

Je continue mon voyage au pays de la com', du métier de communicant en entreprise, de la marque. La com' fait fantasmer (pas le métier) mais combien de masters de communication pour un master de commerce ? Peut-on vraiment apprendre à communiquer ? Dans mes rencontres annuelles avec les élève de mon ancien lycée pour présenter mon job, il y a beaucoup de questions, sans doute trop, la com' : cela reste flou. Un communicant, c'est quoi : un porte-parole ? un troubadour ? un tambour major, oui. Mais les techniques s'apprennent. Les médias, les relais, la gestion des infos, la rumeur, le buzz, la conceptualisation, la synthèse créative : ça aussi cela peut s'apprendre. Ce qui ne s'enseigne pas, c'est l'idée sans laquelle il n'existe pas d'actions de communication. Mais il faut de tout pour réussir un monde de communicants : des créatifs mais aussi des rationnels, des organisés, des maniaques du détail, du sondage... Malgré notre positionnement en équilibre au sein de l'entreprise, parfois en porte-à-faux par rapport aux autres directions, mouche du coche, titilleur de Président, professionnel un peu saltimbanque, prêt en tout cas à retomber toujours sur nos deux pattes, restons communicants : ne passons pas de l'autre côté (ni journaliste, ni chef de cabinet, ni directeur du développement durable...). Valorisons notre métier. Dircom et patron de la marque.

Peut-on faire de la com' sans budget ? (cliquez pour le savoir)

C'est ce que "Michel et Augustin", enseigne parisienne créée en 2004 et commercialisant des sablés et des yaourts à boire baptisés les "vaches à boire", peut faire croire tant cette PME jouit depuis ses débuts d'une bonne médiatisation, sans passer par des campagnes de pub massives. Ce qui m'a frappé, c'est la mise en scène des deux boss, histoire de dire que derrière la marque, Michel et Augustin existent, qu'il y a du sens, du rire et de la complicité entre eux. Idée intéressante et généreuse.

VOTEZ (aux élections européennes)

Rions un peu (épicé)

12/05/2009

Deutsche Welle Global Media Forum


En cliquant sur cette bannière, on découvre le forum Global Medias organisé à Bonn début juin. Blogger c'est plaisant, mais quand on participe à une réflexion sur la place des (nouveaux) médias dans les (nouveaux) conflits, c'est mieux.

04/05/2009

Il n'est jamais trop star...

...comme dirait je ne sais plus quel mandarin de la publicité, pour enfin débattre des marques dans la crise et de la nouvelle communication à mettre en place (celle de l'après-crise financière). Voyez l'article du jour dans le Monde et sur le web concernant les marques et leurs nouvelles relations avec des consommateurs électeurs de plus en plus réticents, de moins en moins malléables, remettant en cause "les grandes marques" ! (...). Vous m'en voyez ravi car ce blog est né pour deux raisons qui participent -à leur niveau- à ce changement : la première, donner à voir les coulisses du métier à travers l'oeil du professionnel, la seconde, défendre l'extrème nécessité des Idées (la stratégie et la tactique de com' au profit de la marque publique ou privée, B to B ou de grande conso, globale et locale).

02/05/2009

Comment garder la banane de l'autre côté du Rhin

Rapporter vos sous-vêtements usagers...peut vous faire gagner 5 euros de réduction sur un achat de la marque Bruno BANA...NI. L'histoire ne dit pas comment a réagi la chancelière à ce coup de pub bien placé et repris sur le net en Europe. Slogan bien déniché (nous faisons tout pour soutenir la demande ou nous donnons tout pour relancer la croissance). Politiquement correct (on retrouve à ses côtés les ténors de la politique allemande). De l'humour en pleine crise (et les décideurs politiques habillés pour l'été -sic-) : Ganz Gut.