30/03/2009

L'heure de la sécurisation

Nous avons besoin de tout mesurer, de tout savoir, de s'assurer, d'être sécurisés : dans notre vie privée, avec nos enfants, notre conjoint(e), nos amis ; dans l'entreprise aussi. L'heure est à la sécurisation. Bouclons notre vie et notre métier, comme on boucle un coffre à double tour. La crise nous fige dans nos certitudes, dans nos missions ou dans nos postes. Dur moment à passer. La communication va naturellement pâtir de cela, notre métier étant la gestion du risque par excellence, la maîtrise du risque d'image. Peu de décideurs se disent prêts à augmenter leur niveau de risque dans cette bourrasque de critiques du système et de ses abus. Pourtant des opportunités de prise de parole existent : si vous ne cherchez pas la sécurisation, vous pouvez vous sentir sécurisé. Comment ? Avec des relations presse soutenues, une agence conseil créatrice d'idées, des réunions internes vraiment décisionnelles (celles qui se terminent par le choix d'une action collective), des commerciaux qui se retroussent les manches, un marketing approprié plus durable, plus proche des nouveaux besoins de nos concitoyens et meilleur marché. Cette crise, en réalité, je ne sais pas pour vous, mais pour moi c'est comme la fin d'un cycle et le début de quelque chose qui n'a pas encore de nom (disons, le XXIème siècle). Et un métier à réinventer.

27/03/2009

Tant qu'il y aura des idées...

Le prix Abel, récompense norvégienne couronnant des avancées dans les mathématiques, a été attribué hier au Franco-russe Mikhaïl Leonidovich Gromov*, professeur de l'Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES), "pour ses contributions révolutionnaires à la géométrie". Vous avez vu sa photo dans toute la presse : sa main posée sur la tête, devant un tableau et assis à un bureau que l'on devine être le sien (très encombré). Mais c'est surtout le sourire de l'homme qui accroche et cette étincelle dans le regard (la photo a été prise par un confrère ingénieur Jean-François DARS du CNRS. Good shot.). J'aime cette idée qu'il y a en nous un peu de mathématique (en tout cas, il devrait y en avoir). Les intuitions et la résolution de problèmes ne font-ils pas le quotidien du communicant ? En tout cas, jetez un oeil sur le lien, car le lauréat ne manque pas d'humour...

*"Beaucoup de recherches, dont les miennes, suivent cette route, où l'on part de l'information locale, par exemple donnée par la courbure, et où on veut arriver a une conclusion globale, par exemple de nature topologique. Plusieurs succès ont été obtenus dans ce programme, mais la plupart des problèmes profonds restent ouverts."

23/03/2009

Conseil à Monsieur M

J'ai cru rêver ce matin en lisant dans le Figaro la lettre ouverte de Monsieur M. (prénon Alain) à ses amis de la classe dirigeante (sic). Mais non, ce n'est pas un rêve : Monsieur M. connu pour donner des conseils d'économie et de finance aux patrons de nos entreprises (publiques ou privées), qui a fait toute sa carrière sur un grand malentendu (comment prévoir l'imprévisible ?) estime désormais que ceux-là même qui ont suivi toutes ses leçons, ne sont que des élèves brouillons, incapables, qui plus est, gâtés (de stock-options), des autistes (re-sic) qui donnent une mauvaise image du système. Renier d'un bloc toute une vie tournée vers le marché et la concurrence, c'est suicidaire (au point de vue professionnel), ou grossièrement risible (allons-nous faire "la révolution" comme dit Monsieur M parce que des dirigeants kervielisés s'allouent des primes en pleine période de crise ??). Il manque, pour être crédible entre les lignes, la trace d'un début de remords. Laissons l'économie aux économistes. Mais laissons alors les problèmes d'image aux communicants.

21/03/2009

Star à l'école

Il faut absolument voir Isabelle Adjani

dans la Journée de la jupe.

Elle est extra. La marque d'une star.

Couac papal à répétition

Tout a été dit cette semaine sur les propos du Pape B16 (ancien dircom de JP2*) concernant le sida, la protection contre la maladie et la capote. Sondages à l'appui, une majorité de nos concitoyens (croyants ou non) sont affligés. Monseigneur di Falco parle de problème de communication (lire ici l'article), l'image du souverain pontife est devenue...pontifiante. Face à cela, n'oubliez pas de donner (sidaction 2009). Et continuez à sortir couvert dans ce siècle religieux.
*on oublie que celui-ci a tenu une ligne tout aussi indéfendable il y a 15 ans déjà...

En verve

Le DIRCOM doit-il être sympathique ? C'est le seul métier que je connaisse où l'on pose ce genre de questions. Se demande-t-on si notre boucher doit être romantique, compréhensif ou caustique ? Je connais des DIRCOMs timides, colériques, sans charisme, dépassés, à l'écoute, malins, teigneux, fins stratèges, mauvais tacticiens, belles plumes, sans style, très bons manageurs, aimant les idées, courageux. Parmi ceux-ci, certains sont plus ou moins sympathiques. Pour moi, le bon DIRCOM c'est un peu comme le bon boucher qui vous vend une viande tout en vous confiant le secret pour réussir sa cuisson ; le bon DIRCOM, il n'est pas seulement sympa. Il est performant.

16/03/2009

Carton plein pour La Tribune

Je ne sais pas si vous avez pris le temps de lire un quotidien*, mais celui que j'ai entre les mains est tout simplement formidable : clair, cohérent, lisible, agréable à lire, compréhensible, varié, local et global, et forcément économique sans être rébarbatif. C'est le journal La Tribune du jour (je sais : ce Post ressemble plus à un Twitt). Une évolution de maquette réussie et une marque en devenir qui donne envie d'associer son image.
*les quotidiens français ont gagné plus de 500 000 lecteurs l'année dernière d'après l'EPIQ (étude d'audience de la presse quotidienne). Les magazines n'échappent pas eux à la crise, notamment les news magazines.

11/03/2009

Un Erika médiatique

Les commentaires vont bon train sur la grande toile à propos des annonces du premier groupe français, prises à contre-pied par les politiques. La marque TOTAL est mise à mal et comme toujours dans ces cas là dans le Siècle de com', je ne m'amuserai pas à tirer sur l'ambulance (même si elle marche au diesel). Ce qui me frappe, c'est le bruit suscité par les annonces liées au restructurations et à la suppression de postes du pétrolier. Osez communiquer alors que nous sommes dans une crise aussi noire que le pétrole qui a souillé nos plages à plus d'une reprise ces dernières années, c'est dingue, c'est suicidaire non ???!!! Je l'ai dit, la crise bancaire et financière ne touche pas directement toutes les entreprises mêmes si toutes doivent se sentir concernées. Je m'interroge plutôt sur la capacité de la marque à "encaisser" ces coups médiatiques qui vont sans aucun doute augmenter dans les jours qui viennent. L'affaire est complexe : les annonces liées aux restructurations ont souvent des effets positifs sur les actionnaires poussant à la réalisation continue d'économies d'échelle. La com'fi est ainsi faite que ce qui nous apparait au départ comme négatif (la baisse d'activité) peut représenter une plus-value d'image (une entreprise qui s'adapte pour rester leader de son marché). On ne s'en souvient pas dans ce monde du moment présent, mais ces annonces ont le chic pour susciter des cris d'orfraie. Les entreprises "fautives" ont toujours maille à partir avec les médias sans que les choses changent. Aujourd'hui, TOTAL est devenue une cible médiatique, un symbole économique négatif, l'exemple du décalage des entreprises avec la réalité citoyenne, le plus mauvais élève de la relance. Une marque-épouvantail, mise au piquet. C'est trop pour une seule entreprise. Bref, ce que la crise nous enseigne, c'est que la communication des entreprises du CAC va devoir évoluer. Soigner ses parties-prenantes ne suffira plus. Les communicants vont devoir gérer la marque en fonction des risques d'image et de leur maîtrise. Avec le soutien nécessaire des décideurs et contre vents et marées (médiatiques).

09/03/2009

Cure de jouvence pour la marque

La poupée Barbie a 50 ans et je ne peux pas m'empêcher de publier cette photo qui fait peur (imagine la tête de Ken...) et qui vient du site villiard.com. Les ventes s'essoufflent même si des millions de poupées font encore le bonheur des jeunes filles du monde entier. Et puis Barbie, cela reste un peu un modèle.
"Ma marque à moi" n'a que 10 ans et c'est bien jeune pour être reconnue du monde entier ! Alors, la communication doit installer une notoriété sur le long terme (Barbie n'a-elle pas épuisé plus d'une génération de communicants ?). Je crois vraiment que notre métier gagnera à se projeter sur le long terme. Faire de la com', c'est une vraie cure de jouvence pour la marque.

03/03/2009

Le code a changé !

Le code de communication évolue à vitesse grand V pour les entreprises prises dans la tourmente de la crise financière et se débattant avec des carnets de commande qui restent désespéremment à moitié plein (vide). Tous les secteurs ou presque sont concernés, en particulier celui des banques (mais c'est de là que vient le "mal") ou l'automobile en France, du fait de son business model cyclique, fragile face aux crises spontanées. On nous annonce que l'année 2009 va être difficile. Face à ces difficultés annoncées (oracle ô désespoir), quels nouveaux remèdes va-t-on asséner à un corps social pris de soubresauts revendicatifs et de fièvre anti-capitaliste contagieuse ? Une communication solidaire. C'est sans doute dans une communication qui met l'accent sur les valeurs et surtout, sur la valeur ajoutée de l'image dans la vie d'une entreprise, que nous pouvons trouver les moyens de maintenir le lien avec les consommateurs électeurs. Le pire serait devant nous si ces citoyens choisissaient l'abstention d'achat ! Une crise de la demande couperait en plein vol les ailes des nouvelles technologies et par ricochet le développement du web. Ce serait le règne du repli sur soi. Les marques ne parleraient plus qu'à elles-mêmes, dans un monologue insensé. Puis, les décideurs se retourneraient vers les professionnels de la com' (dans l'entreprise ou dans les agences) incapables de maîtriser ces consommateurs insaississables. Aux crises persistantes s'ajouterait une crise de la communication, comme celle que nous avons connue en 1991. En choisissant de communiquer aujourd'hui sur les valeurs profondes de la marque, le communicant avisé pourra peut-être anticiper des lendemains qui s'annoncent plus que moroses sans preuve de solidarité.